Photo – C.R.A.S.H. – 1

23 novembre 2020

Moi, résident•e #3 : Sophie Lewisch

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Dans cette période de grands bouleversements, on se console avec la chance qu’on a de pouvoir accueillir les artistes et les compagnies en résidence pour leurs créations.

On en a donc profité pour poser quelques petites questions à Sophie Lewisch, la metteuse en scène de la Compagnie Hors Jeu, en résidence du 10 au 20 novembre au Grand Parquet pour son spectacle C.R.A.S.H..


Si tu devais nous raconter ton spectacle à la manière d’un film de super-héros ?

Ça pourrait être Kill Bill 3 : la Mariée, nostalgique de son ancienne vie de tueuse à gage, s’ennuie en tant que mère au foyer, et décide de reprendre de l’activité, mais en employant cette fois-ci les grands moyens. Bon, il reste à écrire le scénario… Mais disons que ça pourrait ressembler à une histoire d’espionnage, en période pré-insurrectionnelle.
Aujourd’hui, on est passés soudainement dans la culture du masque. Mais dans le contexte de notre histoire (pourtant très récente), ça n’était pas tellement bien vu de vivre masqué… On est déjà un peu old school en fait !

Si tu avais 3 mots pour définir l’envie du spectacle sur lequel tu travailles actuellement, ce seraient lesquels ? et pourquoi ?

Société du Spectacle

La maison d’artistes « idéale » pour toi, ce serait quoi ?

La maison d’artistes est déjà une formule qui me plaît en soi. Un lieu de travail, mais aussi un lieu de vie, qui préserve une certaine humanité, une authenticité. Mais pour pouvoir réellement occuper le lieu, dans la version idéale ce serait aussi : avoir du temps devant soi. Pour chercher, faire des tentatives, se tromper, sans être pris trop vite par la question de la représentation, par la production d’un résultat. Ça devient de plus en plus précieux aujourd’hui.

Comment expliquerais-tu ce qu’est « une résidence » à ma grand-mère ?

Je lui dirais que c’est une période durant laquelle on vit et on travaille ensemble, avec toute l’équipe du spectacle : tous les jours on rejoue la même histoire sur scène, mais dans pleins de versions différentes. Ensuite on garde la version qu’on préfère. Dit comme ça, c’est vrai que ça a l’air plutôt sympa comme métier !
Ma grand-mère confond souvent les résidences avec des « retraites », mais ça me va bien aussi.

Est-ce que tu as un rituel avant ou pendant une résidence ?

On en a sans doute sans le savoir. Mais à vrai dire, j’ai une attirance pour les changements de rythme, pour les imprévus dans le travail, sans doute par peur que les choses se répètent. Quand je parlais de « retraites », c’est plutôt la dimension spirituelle et la vie collective qui me parlent, plus que l’organisation quotidienne. Au théâtre, on tente de revivre infiniment les mêmes histoires, avec toujours l’émerveillement de la première fois. Évidemment ça paraît plus facile pour nous lorsque rien ne se passe comme prévu. Mais c’est sans doute une illusion, une facilité de ma part, car on peut bien sûr être dans l’instant présent, à travers des formes très ritualisées.

Durant cette résidence, as-tu compris (ou découvert) quelque chose de nouveau sur ton spectacle ?

C’était une résidence « confinée ». Alors j’ai redécouvert à quel point la présence du public participe à la création d’un spectacle ! A chaque instant, à chaque représentation.

Un dernier mot à nous dire ?

On vous donne rdv l’été prochain pour la création de C.R.A.S.H. (dans sa version « extérieur », donc compatible avec toutes les formes de mutations virales), et ce sera du 26 juillet au 20 août 2021 à la Maison Maria Casarès, à Alloue (en Charente) !


Merci Sophie, et belle route à C.R.A.S.H.. On suivra avec attention l’aventure de ton spectacle !


© photo Christophe Raynaud de Lage (prise lors de la résidence à la Maison Maria Casarès )