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3 février 2021

Moi, résident•e #6 : Amandine Sroussi

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Dans cette période de grands bouleversements, on se console avec la chance qu’on a de pouvoir accueillir les artistes et les compagnies en résidence pour leurs créations.

On en a donc profité pour poser quelques petites questions à Amandine Sroussi, en résidence du 1er au 12 février au Grand Parquet à l’occasion du crash test de son spectacle Victoire.


Si tu devais nous raconter ton spectacle à la manière d’un film de super-héros ?

Alors c’est l’histoire d’une planète qui est sur le point d’exploser. Au fond d’un lit sur cette planète, une petite fille aux super pouvoirs pense qu’elle ne peut rien faire pour la sauver parce qu’elle est malade. Elle a oublié qu’avec elle, autour d’elle deux indestructibles l’accompagnent. 
Et c’est à eux trois, en faisant barrage aux effets de leur propre kryptonite, qu’ils vont réussir à rêver d’une autre fin.
P

Si tu avais 3 mots pour définir l’envie du spectacle sur lequel tu travailles actuellement, ce seraient lesquels ? Et pourquoi ?

Intime, politique, unité. 
P
Alors c’est difficile pour moi de choisir trois mots, car justement dans ce spectacle tout s’exprime par paire : intime/politique, intérieur/extérieur, pensée/parole et chacun de ces termes s’affronte jusqu’à l’unité finale.
P
Ce qui m’intéresse, ce sont les liens entre ces binômes. Comment l’intime, l’intérieur et la pensée sont la même chose et comment chacun de ces termes s’oppose au politique, à l’extérieur et à la parole (ce qui sort de la bouche) pour finalement être étroitement lié, voire indissociable. Ce qui se passe dans l’intimité d’un couple, d’une famille lorsqu’elle est en crise est pour moi éminemment politique.
P
Prenons l’exemple de ce qui se passe aujourd’hui. La crise extérieure a totalement bouleversé l’intimité de chacun et les crises internes que tous vivons au quotidien, et qui n’ont rien à voir avec le Covid, sont pourtant étroitement lié. Pour preuve, les hôpitaux psychiatriques sont débordés, les violences intrafamilliales sont encore plus nombreuses… Ce qui se passe chez nous, dans notre tête est aussi le reflet d’un dehors qui nous échappe et sur lequel on cherche à reprendre le contrôle.
P

La maison d’artistes « idéale » pour toi, ce serait quoi ?

Question difficile. Pour moi, j’aime quand une maison d’artiste est comme un bateau. Il y a l’équipage et les voyageurs qui font la traversée avec eux pour un bout de moment. L’équipage n’est pas au service des voyageurs, mais les guide et les protège des icebergs qui pointeraient leur nez. Finalement, une salle de bal, c’est un peu un bateau à terre.

Comment expliquerais-tu ce qu’est « une résidence » à ma grand-mère ?

Alors je ne connais pas ta grand-mère, mais si elle est comme la mienne et n’a aucune idée de ce que c’est qu’une résidence, je lui dirais que c’est très simple. C’est un moment très important dans lequel une équipe artistique se réunit pour fabriquer un spectacle. Continuons. Cette équipe de voyageurs est sur le bateau avec l’équipage. Pendant ce voyage, ils font des escales, ils explorent un peu partout, le plus consciencieusement possible afin de raconter au mieux en arrivant tout ce qu’ils ont vu à ceux qui les écouteront. 

Est-ce que tu as un rituel avant ou pendant une résidence ?

Oui et non. Il est assez basique. J’ai besoin de retrouver les comédiens et les techniciens avant pour papoter. J’ai besoin de la vie en coulisse pour travailler. Des éclats de rire, des fatigues, des lassitudes de chacun. Au bout d’un temps. Je dis qu’on va se mettre au travail et on se met au travail. Tout simplement. Non. En fait je n’ai pas de rituel. Je trouve l’idée même un peu angoissante.
P

Un dernier mot à nous dire ?

Levons l’ancre.

Merci Amandine, et belle route à VICTOIRE. On suivra avec beaucoup d’attention l’aventure de ton spectacle !


Présentation réservée aux professionnels vendredi 12 février à 14h réservations à l’adresse resa@legrandparquet.fr

© photo Grand Parquet